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Mise en scène
Fabrice Gorgerat
Scénographie
Estelle Rullier
Costumes
Anna Van Brée
Musique
Aurélien Chouzenoux
Stéphane Blok
Eclairage
Fabrice Gorgerat
Jeu
Ludovic Barth
Stéphane Blok
Mathylde Démarez
Anne Maud Meyer
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JUDITH

Judith héroïne juive, dont l’histoire est racontée dans le livre de l’Ancien Testament qui porte son nom. En voici la substance. La ville de Béthulie, assiégée par l’armée d’Holopherne, général de Nabuchodonosor, roi de Ninive, allait succomber. Une veuve, nommée Judith, résolut, par l’inspiration de Dieu, de sauver son peuple. Elle quitte la ville avec une seule de ses servantes, et se rend au camp des assyriens. Introduite auprès d’Holopherne, elle le captive par sa beauté, accepte de s’asseoir à sa table et, quand elle le voit accablé par l’ivresse, elle lui tranche la tête et rentre à Bethulie pendant la nuit. Le lendemain les juifs suspendent à leurs murs la tête sanglante d’Holopherne et les Assyriens, terrifiés, lèvent le siège après avoir éprouvé une sanglante défaite.



coproduction : cie Jours tranquilles, Arsenic

soutiens : ville de Lausanne, Loterie Romande, Pro helvetia-Fondation suisse pour la culture, Action Intermittents, Société Suisse des Auteurs, Fondation Nestlé pour l’Art


Zürcher Oberländer 2005 (PDF)

Le Temps, Sortir 22.07.2004

24 Heures, Coup de coeur

Le courrier 29.07.2004



INTENTIONS DE MISE EN SCENE

A la lecture de notre texte (cf : dramaturgie) on devine le nombre de possibilités théâtrales que peut ouvrir un sujet comme celui-ci.

Toutefois, et fort de l'expérience de notre dernière création, je me rends bien compte qu'à l'étape actuelle de notre travail, il m'est indispensable de resserrer le propos et , surtout, de me l'approprier. Alors je me demande pourquoi Judith, et surtout pourquoi la succession de représentations picturales ou théâtrales qu'on a faite d'elle, me touche depuis si longtemps. Et il devient évident que c'est la Judith sexuée, une certaine image de la femme, de mon rapport à la femme qui est mis en jeu dans les ouvres de Cranach, du Caravaggio et des autres. Il m'est doux et terrifiant de m'imaginer en un Holopherne vaincu. Judith me fait peur et me bouleverse. Elle est la femme que toujours je voudrais mais jamais n'oserais aimer. Ce constat me donne, me semble -t-il, un angle d'attaque pour rencontrer Judith.

Il faudrait travailler avant tout sur ce que ces ouvres me renvoient de moi-même. Je cherche, accumule des documents, relis Bataille et tombe sur " l'âge d'homme " de Michel Leiris. Cette lecture m'ouvre de nouvelles perspectives. Leiris met continuellement la figure de Judith en opposition|en tension avec celle de Lucréce. " Lucrèce la chaste et Judith la catin patriote (.) se tiennent débout une devant l'autre, anges égaux du Bien et du Mal situés, par le sang dont elles sont maculées, sur un même plan de tuerie où s'efface toute médiocrité. Mais la pâle et malheureuse Lucrèce, servante ridiculeusement dévouée de la morale conjugale, est pourtant éclipsée par l'image insolente de Judith telle qu'elle dut se présenter sortant de la tente d'Holopherne, ses ongles aigus colorés par le moertre comme ceux d'une femme qui les vernit en rouge selon la mode du XXe siècle, ses vetements tout fripés, couverts de sueur et de poussière et remis hâtivement - dans le plus grand désordre - laissant apercevoir sa chair encore poissée de déjections et de sang.

Il me devient évident qu'elles doivent fonctionner " en couple ", qu'une ne peut exister sans l'autre, sans son contraire. Comme si elles étaient chacune à l'extrémité d'une ligne qui représenterait les projections que l'on fait sur celui|celle que l'on voudrait aimer, sur ce que l'on voudrait vivre. Elles sont fantasme pur, elles sont chacune l'idée d'un amour|d'une vie absolu et destructeur. Et ces idées me rappellent chaque instant que celle|celui avec qui je vis n'est peut-être rien d'autre que le reproche quotidien de n'avoir pas visé assez haut. C'est là que peut éclater au grand jour tout ce que je ne suis pas. Ni un Holopherne, ni un Tarquin - ni une Judith ni une Lucrèce.

Parler de mon rapport au monde à travers mes projections sur celles avec qui je voudrai vivre, voilà l'enjeu.

Il me devient possible de raconter où je ne m'aventure pas, ce que je veux ignorer de moi même, jusqu'où je veux m'impliquer. Je peux me demander ce qui fait de moi un non-résistant, un pleutre et ainsi mettre au centre de la création, par la négative, la notion de résistance


DRAMATURGIE

Avec la figure mythique de Judith nous voulons questionner une image extrême de résistance à l’oppression . Judith, la veuve, sauve son peuple des armées d’Holopherne ; usant de ses charmes pour s’introduire auprès du général, elle gagne sa confiance pour finalement lui trancher la tête et décapiter l’armée ennemie.

Un mythe et une histoire en mouvement que les hommes se transmettent, un sujet auquel ils réfléchissent ensemble à travers les générations. Interroger le mythe de Judith c’est d’abord interroger l’histoire. Depuis la Judith biblique, guidée par sa mission divine, modèle de vertu, femme rusée et implacable jusqu’à la Judith d’Howard Barker, humaine déchirée entre devoir et désir, prise dans un mécanisme physique où pulsion de mort et pulsion sexuelle se confondent, la femme Judith se crée, se transforme sur 2000 ans offrant une source inépuisable de matière à théâtre.

Dans cette histoire qui s’ouvre sur une écriture fondatrice de notre civilisation, nous croisons le déchaînement pictural des peintres de la Renaissance qui de Cranach l’Ancien à Caravaggio se saisissent du mythe pour souligner sa violence et sa sensualité. Puis Judith se “ psychologise ” et se “ sexualise ” en entrant en littérature au 19ème siècle. Judith devient une figure ambiguë de la femme traversée de désirs contradictoires. Vierge laïque qui tue pour échapper au désir chez Bernstein ou femme religieuse qui interprète le désir comme une volonté divine et tue l’amant pour se purifier chez Hebbel, Judith se complexifie. Freud la donne comme exemplaire du complexe de castration vécu par la femme à l’encontre de celui qui l’a déflorée. Décapitation et castration. De la figure politique et religieuse Judith devient figure sexuelle. Au 20ème siècle Judith se nihilise. Profondément troublée par son acte, l’héroïne assiste à sa propre transformation en mythe par le peuple qu’elle a sauvé. Chez Giraudoux, chez Fihman-Debièvre (qui place son histoire en Allemagne nazie ) et finalement chez Barker dans Possibilités Judith ne croit plus : transformée par la chair de son amant perdu, elle regarde les hommes construire l’Histoire.

C’est à la télévision et dans la presse écrite que Judith à fait ses plus récentes apparitions . En droite ligne avec le mythe, certains journalistes ont accusé Monica Lewinski d’être une Judith moderne, envoyée supposée du puissant “ lobby juif américain ” contre un Bill Clinton peu conciliant avec Benyamin Nétanyahou.

Et puis, pour d’autres commentateurs de la réalité du monde Judith a changé de camp ce 27 janvier 2002 quand Wafa Idris, palestinienne de 27 ans, a déclenché une bombe dans une rue commerçante de Jérusalem…. Pour terroriser ? Pour résister ? Pour lutter ? Etrange retournement de l’histoire où une femme palestinienne pose un acte extrême pour s’opposer à l’ennemi israélien. Etrange parallèle entre cette Béthulie biblique qu’Holopherne assiège en asséchant les puits, et cette Palestine toujours menacée, toujours inexistante dont les israéliens ont capturé l’eau vitale.

Qu’est-ce que résister ? Qu’est-ce que résister dans l’histoire de la femme ? quel est cet état limite ou l’humain acculé agit, lutte, sacrifie ? Quelle est la valeur de ma vie, de sa vie, au regard de l’histoire, au regard de notre histoire individuelle ?

Judith est une jeune résistante de 2000 ans. C’est son histoire en marche que nous voulons raconter.

EXTRAIT Première nuit

Judith à la fenêtre | le ciel immense sur sa tête | pense au bien être | Des doigts grimpants la bouche ouverte

Judith à la fenêtre pour toute sa vie la bouche ouverte

Judith la bouche ouverte sur le ciel immense

Attends

Les doigts grimpants

Le ciel dans sa bouche

Le goût de quelque chose

Et,

Ouvre encore

Sa bouche immense.

(Comme d'autres écarteraient leurs cuisses)

Lui, entre peau et cuirasse

Porte la barbe des taureaux,

Ecorche sa sueur contre les murs de celle qui tombera.

Lèche les pierres

Mange des cailloux

Pisse.

Il ne voit pas le ciel immense et,

reste à l'ombre du mur où il pense kalach.

Pas le moindre doute

mange plutôt de la terre

Ou meurt.

Des fourmis sur les chevilles

Ta langue entre les pierres

Force les ciments

Poli les granites

Le sable doucement dans ta gorge

Coule

Un baiser de molasse pour faire tomber Béthulie

La ville sous tes baisers se dilate

Demain elle cèdera à tes assauts

Et les fourmis se perdent dans ta toison

Lèchent tes jambes

Inondent ton torse ton sexe ton cul

Comme si la ville te rendait tes caresses

Encore Judith la bouche ouverte

Dans un jardin

Derrière les murs

Et le ciel qui ne veut rentrer dans ton apnée

Tu aimerais laisser la place au bleu

Tu veux boire les cieux

Mais

Une fourmi dans ta culotte

Te pique alors tu l'écrases.

Et grimpent les doigts a nouveau.

Il paraît que là en bas lèche la bête

Que demain

Pour lui tu mangeras d'autres terres que la tienne

Tes yeux brûlent

Tu ouvres un peu plus la bouche

Te tends vers le soleil

Le pointe du bout de la langue

Et serres tes cuisses l'une

Contre l'autre.

Jusqu'au sang.

Les papillons emmènent tes pensées

Lui la nuit tombée

Rentre dans son trou

Du sable plein la bouche

Un trou au pied des murailles

De la paille et des flèches humides de vin

Il laisse tomber sa cuirasse ses pompes

Son odeur partout suinte

Coule le long des tentures.

Assis sur son lit

Ses sandales dans la sueur

Flottent à demi

Il pense à demain

Baise 10000 vagins

et pleure

Sur la terrasse le ciel est blanc

Petit déjeuner

Elle fume une cigarette

Surveille les corbeaux du coin de l'oil

Plonge à nouveau son nez dans le bol de café

Avale

Et

Relève la tête sur un ciel noir de charognards | un ciel lourd de chairs, de plumes| un ciel vibrant du bruit des blindés| un ciel qui ne pleut que de la fiente et

Effectivement

La fiente tombe en rafale

Sur son front dans ses cheveux sur ses cuisses dans son café

La terrasse sombre sous une pluie de glaires

Le ciel la gifle

Lui coule dessus

Colle ses yeux ses cils alors

Elle se lève, titube

Ses vêtements se plaquent

Tièdes de guano

Sur sa peau

Elle se courbe

Vomit

Fait tomber sa tasse

Qui se brise

Glisse

Ses genoux cognent le sol

Se déchirent sur la tasse brisée

Sa joue dans les immondices

Ses lèvres dans la fiente, ses lèvres dans la gerbe et

Un charognard sur la table

Mort de rire la regarde

Ainsi vautrée

Son peignoir déchiré

Le cul à l'air

Du sang sur sa tempe

tremblante

Elle rampe sous la table

Se bat avec ce qui lui reste de vêtements

S'en extirpe, masse gluante

Se met en boule

Dans ses bras ses genoux

Egratignée

Elle lèche le sang

Déglutit

Ne reconnaît plus le goût de son sang

Ne reconnaît plus le goût de ses larmes

Tout n'est que fiente

Alors

Blottie

Elle attend le retour du bleu

Ouvre timidement sa bouche

Un peu

Tousse

C'est la guerre.

Je l'aime et le ciel coule encore

Bleu

Les vieux les généraux les pères sortent des maisons

Tout est calme, le ciel

Maintenant, le ciel est bleu

Débarrassé de ses vautours

La bête les a rappelés

Alors les vieux les généraux les pères sortent

Dans la fiente jusqu'aux genoux

Tremblotant|chancelant

Ils scrutent le ciel

Vide

Quelques-uns sont en retard

Encore dans leurs maisons ils frappent femmes et enfants pour

Soulager leurs impuissances|leurs impotences

Les seuls cris sont ceux-ci

Ceux des enfants mutilés par leurs pères

Alors que d'autres vieux| pères| généraux

Marchent

Claudiquent

Dans la merde jusqu'à la synagogue

Là, on se pleure dessus

Décide de ne rien faire trois jours encore

Puis de changer de dieu

Puis de changer de maître

Là, on décide de laisser trois jours au tout puissant

Pour se battre à notre place

Exterminer ceux d'en bas des remparts

Et nous prouver combien il est amour

Deux esclaves lèchent les plaies de Judith

Elle,

Debout dans sa salle de bain

Regarde les faïences

Les fourmis entre les faïences

Absente de son corps

Long

Les esclaves chuchotent les rumeurs

Entre deux coups de langue

Elles disent les vieux, la terreur

Elles disent trois jours encore et on change de maître

Puis de leurs cheveux frottent les chevilles de Judith

Elle

Toujours droite, les yeux dans les fourmis

Se prête mollement au jeu de la toilette

Ne comprend pas tous les mots

Mais saisi que bientôt

Elle

(Aussi)

Agenouillée

Lèchera la peau de ses vainqueurs

Déglutira leurs sueurs

Sera retournée exploitée

Qu'a quatre pattes, la jupe retroussée sur les reins

Elle attendra.

MAIS

Un frisson et

Léchée lavée elle se penche à la fenêtre se dégage des doigts et le voit lui en dessous collé aux remparts et derrière lui en dessous le désert jusqu'à l'infini grouille de quartier de boufs de caisses de munitions de vieux fusils de putes de chariots de tanks de jeunes soldats.

C'est la première fois que son regard tombe, que son regard sur lui loin là en bas s'écrase, son regard sur lui et les soldats chute l'entraînant dans un énorme vide et

Elle sent que toute son âme défenestrée se lance sur le sol pour se fracasser aux côtés de la bête

Son âme gît dans la caillasse et elle pleure derrière sa fenêtre alors

Alors Judith déchirée le regard sur les deux esclaves aux lèvres encore barbouillées de fiente doucement

Demande

Demande

Qu'on la prépare maquille parfume.

(Chanel|Gucci|Dior|Guerlain|Lancôme|St Laurent|Ricci etc)

Ses yeux se vident tandis qu'elle,

Elle s'acharne à peindre en rouge ses lèvres, la pointe de ses seins, son sexe

Cambrée sur des talons jusqu'au plafond

Elle dessine son corps en femme

Du rouge et encore du rouge

Elle s'acharne jusqu'à ce que

Nue mais lourde de peinture et de parfum elle soit autre

Et là

Sur le mur

Elle cueille une fourmi

La pose sur sa langue

L'avale

Déglutit alors que déjà ailleurs

Ses esclaves échangent un baiser

Se vautrent sur le carrelage

Mêlent leurs salives

Judith enjambe les deux filles

Récolte un baiser

Et,

Prête

S'en va à la guerre

Dehors

Les vieux les généraux les pères

Assis

Autour d'une fontaine sans eau

Pleine du charnier de leurs enfants assassinés,

Sacrifiés à leurs impuissances

Ne sont qu'urine.

Accablés et somnolents ils se caressent vaguement

L'un d'eux a sorti son sexe, le remue, le frotte contre la jambe d'un moins vieux

Qui, lui-même

Bave sur la nuque de son voisin endormi,

La bouche ouverte

Et

Etc.

Les mouches dans un va et viens

entre la fontaine aux enfants et les vieux,

entre une putréfaction et une autre,

sont seules à secouer l'air sec de Béthulie quand, au loin, du haut de la ville, arrive Judith.

Judith seule

Plus belle et grande que jamais

Elle est loin encore

Mais déjà vieux généraux et pères

S'extirpent de leurs mous attouchements

Pour plisser leurs yeux

Et repérer

De leurs regards jaunes

Celle qu'ils ne reconnaissent pas encore

La femme du mort

La veuve encore vierge

Celle que le vieil impotent

Leur frère désormais crevé

N'a pu toucher

Elle était leur enfant aussi et

Devant l'apparition blanche et rouge

Abasourdis

Ils hésitent

Une déesses une pute | Se prosterner ou sortir leurs vieux sexes déjà tendus

Mais dans sa tête à elle il n'y a que la bête

Les vieux, tas gluant de chaires mortes

Imbroglio de peaux ratatinées de vêtements de notaires de sécrétions

Lui importent peu

Haut perchée, ses jambes tendues

Elle va à la bête.

Aussi lorsqu'elle arrive à leur hauteur

Indifférente

Et qu'ils ne voient qu'arrogance dans

Ses seins

Son sexe rouge vif

Ses cheveux parfumés

Sa bouche énorme

Ses jambes trop longues

Et cette odeur à les faire baver, ils rient et retirent leurs ceintures de cuir

Le premier choc est celui d'une lourde boucle de métal

Sur sa bouche|contre ses dents

Elle porte ses mains à

Sa bouche

Mais déjà se retrouve à terre, essuie crachats, coups de cannes, coups de pieds, de poings

Elle sent ses os craquer

Ses lèvres enfler

La salive des vieux dans son cou

Leurs râles

Alors

La tête fracassée sur les pavés

Souillée mais forte

Elle attend

Pense à lui

HOLOPHERNE

La poussière dans sa bouche n'assèche pas ses yeux

Donc

Abîmée|vautrée|disloquée elle reste trop belle

Et

Tandis que

Le dernier des vieux lui pisse dans les cheveux et soulagé retourne s'assoire

Elle apprend son corps

Aime jusqu'à la moindre écorchure

De la masse de chaire|cheveux|maquillage| répandue au sol

Elle extirpe

Muscle par muscle

La nouvelle Judith

Son corps existe

De partout il brûle craque

Et

Comme le poulain juste né qui

Doucement

Péniblement

Se détache du sol

Elle se dresse

En goûtant la douleur de chaque mouvement

A peine un spasme de douleur l'a fait tressaillir, chuter

Qu'elle reprend

Son ascension

Son érection

Vers une douleur plus grande

Vers une extase nouvelle

Maintenant son corps lui appartient

Elle et lui sont un

Unis dans leur envie de douleur

De sacrifice,

Vivants.

Alors

Droite

Ses longs cheveux collés au rouge de ses lèvres

Lourds d'urine et du sable de sa ville

Sa peau meurtrie déchirée souillée de tout ce que les vieux généraux pères ont pu sécréter

Elle s'en va anéantir l'autre.

© Fabrice Gorgerat